Epigénétique et trans-générationnel.

August 27, 2015

 

Les génocides laissent des traces profondes dans l'inconscient collectif et ce pendant plusieurs générations parce qu'ils sont subis par des milliers si pas des millions de personnes dans une courte et même période de temps. Les recherches qui ont été entreprises au tout début des années 2000 démontrent que les traumatismes s'inscrivent dans l'ADN des victimes et se transmettent de génération en génération. Cette empreinte va avoir des effets multiples que ce soit au niveau psychique et biologique. Les descendants des survivants seront plus susceptibles de souffrir de dépression ou de syndrome post-traumatique que ceux qui n'ont pas eu la même histoire.

Le 11 septembre 2001

Tout le monde se rappelle sans difficulté la catastrophe du World Trade Center qui a effrayé des personnes dans le monde entier. Rachel Yehuda, docteur en neuro-science, psychiatrie et spécialiste des stress traumatiques et de leur transmission génétique, a suivi 38 femmes enceintes parmi les 1700 ayant été affectées par la chute des tours en analysant la composition de leur salive. Elle a pu observer que celles qui ont eu un syndrome de stress post-traumatique ont moins de cortisol (hormone de stress) que les autres.  Cela indiquerait un dérèglement du circuit physiologique de gestion du stress qui devient hypo-actif dans une vie calme mais hyper-réactif au stress.
Un an plus tard, elle analyse la salive des bébés et constate que ceux-ci présentent le même taux de cortisol que leurs mères alors que les autres bébés issus de mamans ayant vécu la catastrophe sans être traumatisées ont un taux normal.
L'observation est renouvelée auprès des descendants de l'holocauste. Nonante huit enfants de survivants ont répondu à un questionnaire très détaillé sur leurs parents afin de déterminer qui des deux souffrait de dépression ou de syndrome de stress post traumatique. Effectivement, Rachel Yehuda a constaté que les risques étaient plus importants pour les descendants d'une mère ayant eu un stress post-traumatique que d'un père. Elle a également découvert que les informations génétiques pouvaient se transmettre différemment selon qu'elles venaient de la mère ou du père.
La recherche a été affinée par des prises de sang qui ont permis de déterminer si une zone de l'ADN, le promoteur du gène GR-1F, est ou non pourvue d'un groupement méthyle. Cette marque épigénétique permet de réprimer l'expression du gène codant pour la synthèse de récepteur du cortisol.

Les femmes violées qui ont été traumatisées parce qu'elles n'ont pas pu en parler, être accueillies, écoutées, prise au sérieux sans être jugées transmettent également le même type d'informations à leurs descendants. Des recherches ont démontré que l'information était plus active à la deuxième et troisième génération qu'à la première.  La trace est visible sur l'ADN et des symptômes affectent la descendance.

Rien n'est irréparable.

L'épigénétique, science qui a été définie en 1942 par l'embryologiste Conrad Hal Waddington a permis de faire progresser la génétique. Alors que dans le passé, les scientifiques croyaient que tout étaient fixés définitivement sur l'ADN, de nombreuses découvertes ont permis de comprendre que l'espoir est toujours là. Il est effectivement possible de désactiver les informations inscrites dans l'ADN grâce aux psychothérapies, Constellations Familiales, thérapies brèves, etc.  Les bio-marqueurs disparaissent ainsi que les symptômes associés.

Les émotions.

Celles-ci sont en fait tout simplement exprimées par des hormones qui voyagent dans notre corps et collaborent avec notre système neuro-sensoriel et notre ADN. Si lors d'un choc, nos émotions n'ont pas pu être exprimées par des larmes, des cris, des tremblements et des mouvements oculaires, elles provoqueront alors une série de blocages qui s'exprimeront par différents symptômes souvent inconfortables pour la victime. Heureusement, aujourd'hui, nous savons qu'il est possible de soulager ces personnes en les replongeant en toute sécurité dans un contexte réactivant leur mémoire.  En leur donnant la possibilité de s'exprimer, un mécanisme d'auto-guérison se met en route et désactive les informations inscrites dans l'ADN.

La catharsis.

Lorsque un patient participe à une session de Constellations Familiales ou de différentes techniques corporelles activant les émotions (rebirth, respiration consciente, hypnose, EMDR, EFT, massages), il lui est offert un espace sécurisant, le soutien du thérapeute et parfois d'un groupe où il peut explorer le ressenti bloqué sans danger et l'exprimer sans risque. Une catharsis émotionnelle peut se produire qui désactive l'ancrage du passé et permettra de mettre une nouvelle ancre émotionnelle positive.
La personne se sent libérée définitivement. Elle ressent qu'un poids lui a été enlevé. Elle pourra ensuite retrouver une vie normale et utiliser tout son potentiel afin de réaliser la vie qu'elle souhaite et mérite.


Orianne Corman
Constellatrice familiale et d'organisation



 

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