La fécondité, droit ou cadeau?

February 21, 2017

 

 

Avez-vous remarqué en vous promenant que l'air sent le printemps alors que nous ne sommes pas encore le 20 mars?

Avez-vous vu les jonquilles et les narcisses risquer leurs jolies couleurs dans les jardins? La nature se réveille depuis quelques semaines et cela fait du bien au moral.

 

Saviez-vous que pour les chinois, le printemps ne commence pas le 20 mars (ni le 21 d'ailleurs)? Selon eux, celui-ci serait à son point culminant le jour de l'équinoxe et débuterait le premier février (Imbolc ou Chandeleur) pour céder tout doucement la place à l'été le premier mai (Beltaine). Les anciens savaient cela et si vous aussi aimeriez en savoir plus, je vous recommande l'excellente synthèse sur http://calendrier.celtique.free.fr

 

 

Partout à Londres, des annonces pour faire des bébés.

 

Peut-être ne le savez-vous pas, j'habite Londres et je prends régulièrement le métro. Ce matin, j'ai vu deux annonces pour des programmes de fertilité. Hasard ou coincidence? Ou simplement qu'avec le printemps, l'envie de faire des petits revient en force et que les cliniques de la fertilité en profite pour annoncer leurs services.

 

Finalement, la fertilité c'est quoi?

 

Je consulte mon dictionnaire Antidote (logiciel de correction, j'en ai bien besoin!) et je lis entre autres:  Test de Fertilité - mesure de la capacité d'un être vivant à se reproduire.  L'origine de ce mot est latine est vient de fertilitas qui signifie produire beaucoup. 

Wikipédia dit aussi: " la fertilité désigne à la fin du xxe siècle la capacité des personnes, des animaux ou des plantes à produire une descendance viable et abondante. Le terme était généralement appliqué aux femmes, ou aux femelles des animaux... mais s'appliquent de plus en plus souvent aux sujets mâles"  grâce à l'évolution de la connaissance sur le sujet.

 

Je fais ensuite une recherche sur les déesses de la fertilité et découvre des centaines de déesses dans toutes les cultures du monde entier. Il y a au moins une par jour! 

 

Lors des fêtes de Pâques, différents symboles de la fertilité sont utilisés et rappellent l'origine païenne de cette fête chrétienne. Entre autres, le lapin de Pâques symbolisant la fertilité et le renouveau qui nous vient d'Allemagne, certains disent de Saxe où l'on honorait la déesse Eostre qui est la racine du mot Easter (Pâques en anglais).

Les oeufs sont un must, surtout ceux en chocolat, de nos fêtes pascales. Et quoi de plus évident que ce symbole pour représenter la fertilité? 

 

Finalement, j'ai constaté qu'il y a une différence très claire entre la notion de fertilité et de fécondité. La fertilité est selon le point de vue démographique, la moyenne d'enfants mis au monde par chaque femme et la fécondité est la capacité d'un couple à avoir un ou des enfants. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à télécharger le PDF "Infertilité et procréation médicalement assistée"

 

 

La fécondité est-ce un droit ou un cadeau?

 

Aujourd'hui il semble tout à fait normal de considérer comme légitime de pouvoir faire un enfant alors que l'on souffre d'infertilité, que l'on est ménopausée ou que l'on soit en couple homosexuel, alors qu'il y a un peu plus de 50 ans, il était impossible d'imaginer que vouloir faire un enfant puisse être un droit. 

 

Je ne m'étendrai pas sur cette question et vous laisserez décider pour vous-même. J'ai sélectionné deux articles qui pourraient vous aider dans votre réflexion. J'ai bien aimé ce que dit Françoise Héritier à propos du "droit de" et du  "droit à" et l'article où la psychanalyste Monique Bydlowski (Psychologies) ose dire qu'elle considère comme une dérive le fait que des personnes non stériles puissent bénéficer d'aide médicale remboursée pour procréer.  Elle rappelle également l'importance de connaître ses origines pour construire son identité ce qui est difficilement réalisable pour les enfants issus de donneurs anonymes. 

 

N'oublions pas que la pression sociale joue un rôle important dans la croyance qu'il faut avoir des enfants pour réussir sa vie. Combien de femmes (ce qui se présente plus rarement pour les hommes) ont dû subir des commentaires du genre: «une femme stérile n'est pas une femme», «un couple sans enfant est un couple d'égoïstes», "une femme a besoin d'avoir un enfant pour s'épanouir", etc.  Aussi, je peux comprendre pourquoi certaines femmes puissent considérer la fécondité comme un droit qui leur permet de trouver une place dans la société. Nous cherchons tous et toutes la reconnaissance et il faut beaucoup de courage pour pouvoir assumer une vie sans enfants. 

 

Il est enfin possible de faire un bébé sur mesure!

 

Au cours de mes recherches, j'ai découvert la possibilité de créer online le profil du parfait futur bébé.  Et je ne parle pas de créer un avatar mais de choisir et d'acheter les gamètes nécessaires pour le faire sans oublier le label indispensable d'origine controlée. Je n'ai malheureusement pas pu trouver les "bios" ce qui laisse encore une place dans le marché pour les entrepreneurs qui osent! N'oublions pas de réserver une mère porteuse et de choisir notre système de livraison à domicile. 

Voir la vidéo.

 

La fertilité humaine était-elle menacée ou menaçante?

 

En parallèle à cet engouement du bébé sur mesure, les médias nous rappellent régulièrement que la fertilité baisse partout dans le monde. Il s'agit pour beaucoup de couples d'une grande souffrance. 

 

Le titre " La fertilité humaine est-elle menacée par l'environnement?" m'a fortement interpellé. Et si nous pensions autrement? Imaginons un instant que la nature serait menacée par l'explosion démographique humaine (7,4 milliards d'habitants humains en 2016 dont la consommation de matières premières augmente également) et qu'elle chercherait des solutions naturelles pour retrouver la santé et l'équilibre en augmentant l'infertilité. 

 

Cela m'amène à penser qu'il est, peut-être, difficile, ou quasi impossible, pour l'être humain d'écouter la nature, notre mère à tous. Nous lui demandons tout et plus encore et nous nous révoltons quand elle ne nous donne pas ce que nous pensons être normal. Nous mettons en oeuvre tous les moyens pour contourner ses résistances, son refus à nous donner ce que nous voulons ou que nous croyons être en droit de réclamer. 

 

Lorsque je vois un ovule transpercé par une pipette qui lui impose un spermatozoïde, je ressens cela comme un viol. Cet acte médical de haute-technologie me pose beaucoup de questions. Et vous qu'en pensez-vous? (n'hésitez pas à partager votre point de vue sur ma page Facebook)

 

J'ai trouvé pour vous une très belle vidéo sur la fécondation de l'ovule. Cliquez ICI pour accéder la vidéo.

 

 

Peut-on choisir pour nos enfants de leur offrir une vie sans histoire généalogique?

 

Toute la question est liée à cette transmission génétique, à ce lien qui nous connecte à nos ancêtres et crée en partie notre identité.

 

Ce lien est-il seulement affectif? Suffit-il d'avoir des grands-parents non-génétiques pour nous sentir appartenir à une lignée? 

 

Pourquoi accorder le droit de connaître ses parents biologiques aux enfants nés sous X et le refuser aux enfants issus de dons anonymes ou d'achats d'ovules et de spermatozoïdes? 

 

Peut-on garder le secret des origines génétiques d'un enfant après toutes ces années de combat pour mettre à jour les secrets familiaux? 

 

En tant que facilitatrice en Constellations familiales, j'ai pu remarqué de nombreuses fois la souffrance des enfants qui ne peuvent honorer ceux et celles qui leur ont transmis la vie.

Une autre difficulté est lorsque l'enfant n'arrive pas à se reconnaître dans les traits physiques de ses parents. Par exemple, j'ai lu le cas d'une jeune fille brunette à la peau olivâtre ayant des parents roux irlandais.  Elle était issue des dons de gamètes et témoignait dans l'article (que je n'ai malheureusement plus) de sa difficulté à se reconnaître dans ses parents. Elle se sentait très différente d'eux.

 

Le fait de redonner une place dans son système à ses parents biologiques (dont font partie les donneurs de sperme, d'ovules, ou la mère porteuse) apportent une grande libération qui permet de déprogrammer des loyautés inconscientes aux membres exclus ou oubliés du système.  

 

Quelques fois, il y a une immense colère de la mère adoptive à l'égard de la mère biologique. Celle-ci est liée au fait d'un sentiment d'injustice. La vie ayant accordé la possibilité d'enfanter à une femme qui ne pouvait pas s'occuper de son enfant et à refuser cette capacité à celle qui présentait toutes les conditions requises pour accueillir la vie. 

 

Vaut-il mieux être un enfant désiré ou pas? 

 

Depuis le début de mon activité de facilitatrice en kinésiologie et puis en Constellations familiales, j'ai pu découvrir que le fait de ne pas avoir été désiré était très souvent une grande souffrance. Moi-même, n'ayant pas été désirée, j'ai cru longtemps que c'était la raison pour laquelle j'avais subi de la maltraitance. 

Pourtant un jour j'ai dû revoir ma croyance car certains de mes clients souffraient d'avoir été désirés, et même attendus pendant de longues années. J'ai ainsi pu comprendre que la qualité de l'enfance n'était pas d'office reliée au désir des parents. Loin de là. 

 

J'ai pour cela un bel exemple dans mon entourage immédiat.

Mon père rêvait depuis toujours d'avoir un fils. Ce qui devait arriver arriva et un jour, une de ses jeunes copines, fut enceinte.  Elle était encore étudiante et lui dans la cinquantaine. Il lui proposa de se marier à la condition qu'elle renonce à ses études de piano. Celle-ci refusa le deal et décida d'abandonner son bébé à l'accouchement.

Mon père fit toutes les démarches pour pouvoir adopter ce fils qu'il rêvait d'avoir depuis si longtemps. Après l'avoir confié à sa cousine qui s'en occupa pendant les trois premières années, mon père le prit avec lui afin de faire son éducation de futur héritier de son patrimoine.

Quelle ne fut pas sa déception quand il se rendit compte que mon demi-frère n'était pas un guerrier, ni un grand intellectuel, ni l'héritier qu'il avait imaginé mais un être sensible, émotif, délicat, artiste, tendre et timide.

Il pensa qu'il pourrait dresser ce petit animal rétif à sa merveilleuse vision en le frappant et en le punissant. Finalement comme il n'arrivait pas à obtenir ce qu'il attendait, il choisit de s'en débarrasser avec l'aide de la DASS lorsque celui-ci eût 12 ans en prétextant que c'était un enfant difficile.  Je peux vous assurer que cet homme a beaucoup souffert dans sa vie. 

Bien sûr, ici, le cas est un peu compliqué puisque c'était le père qui voulait cet enfant et pas la mère.

 

Il ne suffit pas de vouloir être maman ou parent, de vouloir un bébé pour que tout soit facile et merveilleux. Le fantasme de la maternité parfaite, de l'enfant idéal crée de grandes souffrances chez l'enfant.  Ce dernier réalisera qu'il/elle ne sera jamais celui ou celle qui était attendu(e). Une blessure narcissique en résultera ainsi que le sentiment d'être inadéquat. 

 

Avec le processus des Constellations familiales, il est possible de faire la paix avec les attentes non satisfaites, les projections sur les rôles de parents et les fantasmes de la famille parfaite. 

 

Si cet article vous a interpellé et que vous avez des questions à me poser, je vous invite à m'envoyer un mail à orianne.corman@gmail.com.

Si vous avez envie d'aller plus loin, n'hésitez pas à me demander un rendez-vous pour une session de 30 min par skype. C'est gratuit et sans aucun risque. 

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