Etre victime ou ne pas être.

August 7, 2017

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​La semaine dernière, je lisais dans Le Point, magasine français, une interview de l'historien Michel Zink qui a publié récemment " L'humiliation, le Moyen Age et nous" chez Albin Michel. Le sujet abordé m'a tellement touché que je n'ai pu résister à l'envie de vous écrire cette bafouille.

 

Aujourd'hui, il y a d'un côté, les victimes qui ont la une de la presse et que l'on ne peut ignorer au risque d'être jugé pour manque de compassion. Et de l'autre, on ne parle que d'estime de soi, d'épanouissement, d'autonomie, de réalisation, de succès et du bonheur. Comment s'y retrouver dans tout ce galimatias? Faut-il s'indigner? Faut-il s'abandonner à celui ou celle qui détient la clé de notre bonheur et qui peut prendre différents noms comme les parents, l'école, la société, la médecine, la psychologie, la science, la religion ou la politique? Où faut-il reprendre la responsabilité de sa vie? 

 

Le paradoxe de notre société contemporaine.

 

Que nous soyons croyants ou pas, nous avons grandi dans un environnement social et culturel imprégné profondément de la culture chrétienne.  Sa particularité est de nous offrir un dieu qui s'est fait homme et a fini mort sur la croix pour sauver notre humanité. Nous avons appris que l'être humain est imparfait et n'est pas capable de s'en sortir sans l'aide de Dieu.  Il faut rester humble et s'en remettre à ceux qui savent pour nous. Plus tard, la politique et la science ont pris le relais. Sans les politiciens, nous, pauvres citoyens, nous ne pourrons être libres et sans la science, nous ne pourrons survivre. 

Pendant des siècles, nous avons bien voulus gober cette belle histoire mais aujourd'hui, quelque chose se passe qui fait que cela devient de plus en plus difficile à croire. Les curés ont perdu leur aura, les politiciens perdent les pédales, et la science n'est plus aussi incontournable qu'il y a 50 ans. 

 

Malgré cette prise de conscience que finalement personne ne peut prendre soin de notre propre vie, et faire des choix à notre place, l'habitude d'être malheureux à cause des autres a la peau dure. Celle-ci va avec l'envie de vouloir aider ceux qui souffrent, d'où l'engouement grandissant pour les métiers d'aide tels que la psychothérapie, le coaching, l'assistance sociale, etc...  Cela fait du bien de s'occuper de ceux qui vont mal. En plus de nous donner le sentiment que nous allons bien, nous avons l'impression d'être généreux et de contribuer à améliorer notre société. 

 

Attention, je vais jeter un ENORME PAVE dans la mare. 

 

Et si ce n'était pas vrai?

Et si être un "aidant" ou un "sauveur" contribuait à ce que la violence continue sur cette terre?

Vous ai-je choqué? 

 

Il y a une dizaine d'années, j'ai fait une énorme prise de conscience en étudiant le Triangle Dramatique (Karpman). J'ai ainsi réalisé que les gens, qui comme moi adorent aider, avaient besoin de victimes, de personnes en souffrance. Ces derniers me permettaient de donner du sens à ma vie, d'être une femme généreuse et pleine de compassion. Mon entreprise était construite sur le Triangle Dramatique tout comme notre société, et nos religions. Pour pouvoir fonctionner, il  fallait que des persécuteurs maltraitent des personnes pour créer des victimes qui auraient besoin de mon aide.  Cette prise de conscience a modifié ma vibration. Ainsi, je n'ai plus attiré des victimes comme clients mais des personnes qui souhaitent prendre la responsabilité de leurs vies ce qui est plus rare. J'ai alors perdu plus de 70 % de ma clientèle en l'espace de 2 ans. Vous pouvez imaginer les dégâts que cela a pu faire. Il m'a fallu quelques années pour retrouver un équilibre, cette fois, construit sur le Triangle des 3 P (Puissance, protection et permission) au lieu du Triangle Dramatique (Victime - Bourreau - Sauveur). 

 

L'humiliation, une arme discrète au service du Triangle Dramatique.

 

Dans l'article que je vous recommande de lire ( sur www.LePoint.fr, il faut être abonné pour y accéder), Michel Zink, explique que l'humiliation est de plus en plus utilisée comme arme pour se défendre.  Ainsi, il dit : " La violence est réprimée par la loi, mais on peut infliger impunément des petites humiliations, parfois dévastatrices, car on ne peut se défendre contre elles, on ne peut souvent même pas les relever. Le petit sourire méprisant en guise de réponse,..... Elle est l'arme sûre de la vengeance et de l'envie. C'est pourquoi l'indignation, qui lui sert de prétexte, vise les personnes, non les institutions. ... Nul n'échappe à l'humiliation, ni le faible, qui est vulnérable, ni le puissant, qui est exposé." 

 

Comment sortir de la victimisation? 

 

Mon expérience à ce sujet est ma seule référence à ce jour. J'ai été pendant de nombreuses années une victime qui s'ignorait. Ainsi depuis ma naissance, j'ai subi des persécutions, de la violence et des humiliations que ce soit au sein de ma famille, à l'école ou plus tard en couple. Malgré cela, j'ai toujours eu le sentiment d'être courageuse même si j'étais incomprise.  Je me racontais qu'un jour ma grandeur se révélerait et que pour cela je devais être courageuse, aimante et pardonner. J'ai ainsi appris à encaisser les coups durs au point de perdre beaucoup de sensibilité, le discrédit, le ridicule en me convaincant que j'étais peut-être bien supérieure à ces pauvres personnes qui ne savaient pas ce qu'elles faisaient ni qui j'étais réellement. Quand on me frappait, je me battais, je me défendais ou je m'enfuyais. Je vivais dans un monde violent. 

Bien entendu, j'ai fait de nombreuses thérapies pour comprendre pourquoi j'attirais toujours ces comportements et je suis devenue moi-même thérapeute. 

Il se fait qu'un jour alors que je croyais en avoir fini pour toujours avec ce problème, je me suis attirée une relation destructive avec un homme qui était d'une jalousie féroce. A force de me poursuivre, un jour que nous roulions comme Starsky et Hutch, je lui ai démolis sa voiture en lui roulant dessus, et un déclic s'est fait en moi. J'ai réalisé que j'étais dépendante de cet état émotionnel de victime. Je retournais vers lui après chaque bataille. En fait, j'aimais cet état de lutte et de soumission. C'est en reconnaissant et en ACCEPTANT ce comportement de survie que j'avais mis en place dans mon enfance, que j'ai pu basculer dans l'autre Triangle (celui des 3P: Puissance, Protection, Permission). En accédant à cette autre réalité qui m'était complètement inconnue, j'ai pu sortir du besoin de me défendre, de me protéger, de me justifier, et de sauver ceux et celles qui étaient dans la même situation que moi.  J'avais enfin accès à ma capacité de créer ma vie, de faire des choix responsables, de dire de vrai oui et de vrai non, et d'être dans ma puissance. J'avais réussi à quitter la violence du pouvoir pour accéder à la douceur de ma force intérieure. Aujourd'hui, cela fait dix ans que j'en suis sortie. 

 

Depuis, je n'ai de cesse, de partager mon expérience avec les personnes qui souhaitent retrouver leur puissance et vivre une vie harmonieuse. 

 


Si cet article vous a interpellé et que vous aimeriez découvrir comment sortir du Triangle Dramatique pour entrer dans votre Puissance, n'hésitez pas à m'écrire un email à orianne.corman@gmail.com. Je propose une séance découverte de 30 min gratuite par Skype

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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