Petit lexique des choses de la vie *L'amour c'est donner et recevoir

 

Lacan disait que...

 

“...L’amour c’est offrir à quelqu’un qui n’en veut pas quelque chose qu’on a pas “

 

Jacques Lacan, psychanalyste, séminaire IV, La relation d’objet, 1956-1957

 

Serait-ce compliqué?

 

Car qui reçoit et ce fameux qui, qu’est ce qu’il reçoit?

Car “qui aime quand je t’aime?” Catherine Bensaid (psychiatre, psychanalyste) et Jean-Yves Leloup (docteur en psychologie, philosophie et théologie) Albin Michel, 2015

A partir de quel endroit en soi aime-t-on? Est ce que lorsque je dis je t’aime à cet autre, je parle à partir de l’enfant en moi? De l’enfant blessé qui attend réparation ? Est-ce à partir de la voix du parent, imprimée en moi, que je me situe pour te dire je t’aime?

Quand je forme un couple, suis-je en train de reproduire celui de mes parents? ou juste son contraire? Suis-je en train de vouloir m’échapper dans ce que je crois être une dimension sacrée?

Effectivement démêler cette pelote nous demande de sonder notre histoire, de clarifier encore et en corps. Car aussi notre histoire se joue dans notre corps.

Nous voilà déjà bien loin de notre titre “l’amour c’est donner et recevoir”.

Définir l’amour a souvent été tenté et toujours été compliqué tant il est indissociable de qui le définit à un moment T de sa vie personnelle et collective, dans un moment T de l’humanité avec son cortège de chants codés économiques,sociaux et spirituels.

Mais ne jetons pas l’éponge aussi vite ! Nous pouvons parler d’amour.

Nous pouvons parler des formes de l’amour, de ses étapes, de quelques clés.

Parce qu’à l’évoquer l’amour se vit, s’incarne, en nous d’abord, déjà à cet instant, à l’écrire, à le lire il se déploie, en chacun de nous.

 

Au commencement

Il y a notre histoire, nos fantômes, nos blessures et aussi nos joies, nos bonheurs réalisés, toutes ces empreintes dans nos coeurs et dans nos corps.

Reconnaître cette histoire, c’est nous permettre de nous en détacher. C’est nous proposer de choisir notre présent et notre futur. Le passé est ce qu’il a été, il nous a structuré et nous pouvons aussi y trouver nos ressources.

Ainsi en choisissant de nous délivrer, nous accédons à une ouverture en nous-mêmes, nous ouvrons la porte de la gratitude. Celle qui nous fait remercier nos parents, quelle qu'ait été notre histoire avec eux, nous les remercions pour la vie donnée.

Nous apprenons aussi et ainsi qu’ils ont faits du mieux qu’ils pouvaient. Avec leurs moyens et à leur façon, ils ont mené leurs existences. Nous nous réapproprions notre histoire. Nous devenons libres de nous ouvrir à enfin recevoir et donner comme c’est le mieux pour nous.

 

Les voix de l’amour

Entre 1957 et 2015, entre les paroles de Lacan et celles de Jean-Yves Leloup , 60 années se sont écoulées.

Si Jacques Lacan, nous parle essentiellement d’un amour transfériel, Jean-Yves Leloup nous propose une échelle des différents types d’amour. Une échelle de 1 à 10. Comme une palette de l’arc en ciel, sans jugement de valeurs.

Une palette qui va de l’amour porneia - appétit, dévorant, réduisant l’autre en objet à l’agapè-amour inconditionnel, du niveau de l’Être, spirituel. L’Amour s’incarne à tous niveaux, le verbe - l’Amour- se fait chair pour que la chair se fasse verbe-Amour-Conscience. Car “La Source a soif d’être bue” Saint Augustin, philosophe et théologien, Vème siècle après JC

Une échelle qui peut se traduire en chacun de nous en autant de voies d’aimer, en autant de façons de recevoir et de donner.

 

Et si c’était simple?

Et si il était possible d’énoncer 5 règles qui permettrait d’évaluer la bienveillance d’un couple, ce qui permet de lui assurer longévité et enthousiasme ?  

Poser les base de cette longue marche ensemble, de ce compagnonnage qui évolue, l’un avec l’autre pour se découvrir et s’aimer pour qui nous sommes, au présent, instant après instant, libérés de la peur.

Car au moment sacré, celui où l’un et l’autre sont amoureux et totalement sincères, toute peur disparaît. Ce moment est celui de la rencontre, ce moment est celui qui sera fondateur du restant de leur histoire commune, quand ensemble ils ont effleuré les étoiles.

Ce moment sera aussi celui du désir.

Mais désir seul n’est pas amour. Et parfois ou souvent se pose la question “est-ce que c’est avec elle- ou lui- que je vais pouvoir vivre le restant de mon existence?

Alors comment distinguer? Il existe des clés. J’ai choisi celles qu’Arnaud Desjardins,

propose dans “Pour une vie réussie, un amour réussi”, ed. La table ronde, Paris, 1985.

Ces cinq critères lui avaient été transmis par son maître Swami Prajnanpad qui s’exprimait en anglais.

  1. Feeling of companionship, le sentiment d’être les meilleurs amis, compagnons, complices pour grandir ensemble “regarder ensemble dans la même direction” comme disait Saint Exupéry. Agir et vivre ensemble est agréable.

  2. Ateaseness, la sensation d’être à l’aise avec l’autre, être pleinement soi, la vie, les choses sont aisées, il n’y a pas à se battre, à souffrir pour se sentir être bien. La relation est fluide, facile.

  3. Two natures which are not too different, deux natures qui ne soient pas trop différentes. Nous sommes bien loin de la fascination amoureuse, projective d’un idéal, fusionnelle. L’autre est cet autre différent et pas trop. Trop de différences crée des tensions.

  4. Complete trust and confidence, sentir en soi une complète et totale confiance en l’autre qui pourrait s’apparenter à une forme de foi. Cette foi que l’autre peut se tromper mais ne nous fera pas de mal. la jalousie, par exemple, appartient à un stade plus infantile de notre structure psychique.

  5. Strong impulse to make the other happy, une forte impulsion spontanée à rendre l’autre heureux. Nous ne parlons pas de rendre l’autre heureux tel que nous le concevons dans nos critères narcissiques mais bien là où elle-il- est heureux, à sa manière.

Tout cela demande cette intelligence du coeur éveillé que  résumait Swami Prajnanpad par “ There is no giving without receiving”, il n’y a pas d’action de donner sans action de recevoir.

L’histoire du couple en nous est une voie de bienveillance et de profonde gratitude.

 

*  en hommage au film “ les choses de la vie” de Claude Sautet, 1970

 

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